De nombreux fours à goémon ne sont plus visibles, soit parce qu’ils ont été comblés et ont disparu sous la végétation, soit parce que les pierres qui les constituaient ont servi ailleurs, à la construction de murets ou autres utilisations.

Il arrive aussi que quelques pierres alignées, affleurant ici et là sur la dune, permettent de deviner leur présence, comme ici à Trémazan où l'association Mein o Kanan a remis en visibilité deux fours à goémon…


Sur cette partie du littoral, le goémon était hissé sur les dunes à l'aide de mât de charge équipé d'une roue . Un attelage de chevaux tirait une nacelle le long d'un câble tendu entre la grève et la dune.

Cette nacelle arrivait sur la dune à une hauteur suffisante (grâce au mat de charge) pour qu'une charrette puisse se glisser sous la nacelle...

Cette dernière était alors ouverte et son chargement se déversait dans la charrette. Plus bas, dans les rochers, le goémonier et sa famille chargeait la nacelle.

C'était un travail pénible . Le goémon était ensuite étalé sur les dunes ... Une fois séché, vers la mi juillet, il était brûlé dans des fours à goémons : une simple tranchée creusée dans les dunes, puis "habillée" de pierres plates...

 

Lors de cette opération,les cendres du four étaient brassées avec des "pifouns". Le lendemain du brûlage, ces cendres refroidies formaient des "pains de soude" ensuite acheminés jusque l'usine de traitement.

 

Le brûlage du goémon - Les fours à goémon ou fours à soude : un four se présente sous la forme d'une tranchée de 5 à 10 m de long, 0,50 m de large et 0,50 m de profondeur. Les parois et le fond sont tapissés de pierres plates assemblées avec de la glaise. Ces pierres sont isolées de la terre par une couche de galets qui laisse passer l'air. Le four est divisé en compartiments par des cloisons de pierre amovibles. Les brûleurs de goémon disposaient les algues dans le four sur un lit de branchages enflammés. Lors du brûlage, les cendres étaient brassées dans le four à l’aide de "pifouns". Le lendemain, ces cendres refroidies formaient des "pains de soude" ensuite acheminés jusqu’à l'usine de traitement.

 

Après le brûlage, chaque compartiment recueillait un bloc de soude d'environ 50 kg qui était vendu aux usines de produits chimiques (la soude, l'iode, les sels de potasse servaient notamment à l'industrie chimique, pharmaceutique et à la verrerie). Il fallait environ une tonne de goémon pour obtenir un bloc de soude (jusqu'à 80 kg) dont l'usine extrayait au mieux 1 kg d'iode.


Un habitant de Landunvez se souvient : "Une fois la soude fabriquée, il fallait la transporter à l’usine de Lampaul-Plouarzel par charrettes. A tour de rôle, avec l’aide de voisins ou de parents, chaque famille formait son convoi. Départ de Landunvez à quatre heures du matin pour arriver quelques heures plus tard à destination où il fallait attendre son tour pour la  pesée puis décharger. Le retour à vide était peut- être plus décontracté mais de nos jours, on a du mal à se rendre compte de la

réalité de telles expéditions ».

 

Source : 

http://www.meinokanan.fr/