Les fours à goémons, nombreux sur les côtes du Pays d’Iroise, étaient utilisés et entretenus par différentes familles.


Celui-ci appartenait à la famille Théréné, et celui qui se trouve à quelques mètres en direction de la chapelle, et qui n’a pas été dégagé par l’association, était utilisé par la famille Hélies.


Le goémon était amené sur les dunes à proximité du four afin d’y être séché avant d’être brûlé. Dans les endroits où la grève était facilement accessible, le goémon était remonté à l’aide de charrettes tirées par des chevaux, ou sur des brancards.
Ici, à Saint Samson, le goémon était probablement remonté à l’aide de « nacelles », via des « mâts de charge » implantés au bord de la falaise, entraînées par des chevaux.

 

Cet appareillage nommé " davied "(1) (en français : davier) était utilisé partout où la dune est élevée.

 

Pendant des siècles, le goémon (ou varech) ramassé sur les grèves (goémon épave), ou coupé sur les rochers à marée basse (goémon de rive) a représenté un complément de revenu capital pour les populations côtières 16 : après séchage, il servait de combustible ou d’engrais permettant de pallier le manque de fertilité des terres du littoral, ou encore était utilisé pour l’alimentation animale.

 

Comme en témoigne un article de la Gazette du Village datant de 1864, toute la famille participait à la récolte du goémon17 : « … on trouve au rendez-vous les femmes, les enfants, les vieillards ; personne ne reste au logis ce jour-là. […] Chacun s'occupe de recueillir la plus grande quantité de varech possible pour en former un monceau sur le rivage mais il arrive nécessairement que, dans ce pillage régulier, les plus riches fermiers, qui disposent de nombreux attelages et de beaucoup de bras, sont toujours les mieux partagés. Pour obvier à cet inconvénient, les prêtres catholiques du moyen-âge avaient établi une coutume aussi ingénieuse que touchante : c'était de n'admettre le premier jour, à la récolte du varech, que les habitants peu aisés de la paroisse ; ceux-ci empruntaient à leurs voisins des charrettes et des chevaux, et parvenaient ainsi à faire une bonne récolte. Dans le Finistère, où les moeurs antiques se sont en partie conservées, cet usage se retrouve encore le premier jour de la coupe du goémon s'y appelle le jour du pauvre; le prêtre vient à la grève dès le matin, et si un riche se présente pour récolter ‘Laissez les pauvres gens ramasser leur pain’ dit le recteur, et le riche se retire. » 

 

Par la suite, la récolte s’est intensifiée pour satisfaire les demandes des industries qui exploitèrent les cendres du goémon pour en extraire la soude, puis l’iode. La récolte du goémon en mer constituait, là encore, un complément non négligeable des revenus des pêcheurs-ligneurs d’Argenton et de Trémazan. Le goémon, transbordé du bateau dans des charrettes souvent menées par les femmes, était séché sur la dune avant d’être brûlé dans les fours spécialement aménagés pour cet usage.

 

Plus d’une vingtaine de fours à goémon ont été repérés sur le territoire de la commune de Landunvez par M. Yves Gruet 18, et plusieurs d’entre eux (2 à Saint-Gonvel,
1 à Saint-Samson et 2 à Trémazan) ont été restaurés par l’association Mein o Kanañ.

 

Sources : 

http://www.meinokanan.fr/