Ce beau viaduc traversé par une route étroite a été édifié de 1911 à 1913 pour faire franchir cette profonde vallée à une ligne de chemin de fer joignant Brest à Porspoder.

La grande ligne de chemin de fer Rennes-Brest arriva dans la capitale du Ponant en 1865. C'était pour Brest et toute sa région un désenclavement extraordinaire qui permettait de joindre l'extrémité de la Bretagne à Paris. Mais cela ne suffisait pas. La campagne, bien plus peuplée qu'aujourd'hui, voulait aussi son train.

La construction d'une ligne Brest-St-Renan-Portsall fut décidée par le Département. L'acquisition des terrains et les travaux étaient à la charge de la collectivité. Son exploitation fut confiée aux Chemins de Fer du Finistère ( CFDF )

Les deux premiers tronçons, Brest-St-Renan puis St-Renan-Ploudalmézeau furent achevés en 1893. Leur prolongation entre Ploudalmézeau et Portsall le fut en 1899. Le dernier tronçon Portsall-Porspoder fut inauguré le 13 mai 1913. Il a d'abord été confié aux Chemins de Fer Armoricains (CFA ), puis revint plus tard à la CFDF.

Après Brest et le passage du viaduc métallique de Lambézellec, au niveau du moulin du Rufa, un embranchement permettait de joindre Plabennec, Landéda, Brignogan et St-Pol-de-Léon. Le viaduc de Kersaint se trouve entre Portsall et Landunvez.

 

La construction de la ligne à partir de Brest nécessita l'édification de plusieurs ouvrages d'art. Un viaduc fut construit à Lambézellec, un autre à Kersaint.

Celui-ci comporte 5 arches et culmine à 12 m au-dessus de la rivière de Kersaint. Il est réalisé en granite local. Après la guerre de 1914-1918, le développement du transport par autocars et l'essor de l'automobile concurrencèrent tellement le chemin de fer qu'il fallut fermer la ligne en 1935. Dans sa section Portsall-Porspoder, le train patates, déficitaire, n'avait donc servi que 22 ans. Pendant l'Occupation, les Allemands le remirent en service pour leur usage exclusif. Après la Seconde Guerre mondiale les rails furent enlevés et une route étroite remplaça la voie ferrée.

Aujourd'hui, cette petite route, plus ou moins conservée, fait le bonheur des randonneurs, qu'ils soient cyclistes ou marcheurs. Une façon de découvrir la campagne autrement, tout en ayant une pensée pour la fameuse odyssée du train patates.

 

(Cf https://www.patrimoine-iroise.fr/ )