En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Landunvez de fournir 13 hommes et de payer 85 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne ». « Le port d'Argenton, bassin naturel au milieu de rochers d'un aspect pittoresque, comme Portsall, L'Aber-Wrac'h, Pontusval, appartient à la paroisse de Landunvez, pays dénudé où on ne se chauffe qu'avec la bouse de vache, des mottes de landes et du varech ; pays où seuls les pilotes sont expérimentés peuvent guider dans ces passes difficiles ».

 

Argenton au XIXe siècle

 

 

Le port et le phare du Four en 1873(photo Jules Duclos)

Benjamin Girard décrit ainsi Argenton en 1889 :

« À l'autre extrémité de la commune [de Landunvez] se trouve le port d'Argenton, formé par une anse bien close, comprise entre l'île Dolvez et le village d'Argenton. Au nord-ouest du port, entre l'île d'Yock et le continent, se trouve une autre anse, dite rade d'Argenton. La rade et le port communiquent par une passe unique entre l'extrémité nord de la presqu'île Dolvez et la pointe d'Argenton. Le port assèche à chaque marée ; il est bien fermé et abrité de tous les vents ; le fond, formé de vase et de sable, permet un bon échouage ; la tenue y est bonne. C'est un excellent port de relâche, mais la sortie n'en est facile que par des vents de sud ou de sud-est, et le ressac y est assez fort. Une digue à pierres sèches, de 75 mètres de longueur sur 4 mètres de largeur, orientée du sud au nord, défend l'entrée de ce port, qui ne possède qu'une cale de 45 mètres de longueur, accessible seulement pour les embarcations. Un poste électro-sémaphorique est établi à peu de distance, au nord du port, sur la pointe de Landunvez. Le port d'Argenton n'est fréquenté que par un petit nombre de navires, de tonnage restreint, qui y apportent divers approvisionnements pour les localités voisines. La fabrication de la soude et la pêche sont les seules industries du pays. ».

Terminologie

Jusqu'au milieu du XVIIIe, les navires marchands de l'ouest de la Bretagne étaient appelées « barques », à l'exception des plus gros qui étaient appelés « navires », et leurs capitaines étaient appelés « maître de barque ». À partir de la fin de l’Ancien Régime, le terme de « maître de barque » est progressivement remplacé par celui de « capitaine de navire », ou de « capitaine au commerce », surtout pour les plus gros bâtiments.

Les barques étaient le plus souvent des bâtiments de 8 à 40 tonneaux à un mât gréées en sloop, mais certains ont 2 mâts.

Activité maritime

Les ports étaient à Argenton (aujourd'hui dans la commune de Landunvez), Melon (commune de Porspoder) et l'Aber Ildut (aujourd'hui commune de Lanildut). Les marins assuraient le commerce de cabotage sur les côtes de l'Atlantique, de la Manche et de la mer du Nord, depuis l'Espagne et le Portugal, jusqu'en Angleterre ou en Écosse. Ils transportaient entre autres les vins de Bordeaux, le sel des Charentes ou les toiles du Haut-Léon.

Dès le Moyen Âge, le port de Porspoder montrait une activité maritime intense, davantage que dans d'autres ports de cette région du Léon qui était beaucoup plus tournée vers l'agriculture. De 1737 à 1789, Porspoder fournit 150 maîtres de barques, soit les deux tiers des capitaines de l'amirauté. De l'ordre de 30 % des pères étaient absents en mer lors des baptêmes dans la paroisse de Porspoder, ce qui est plus important que dans les paroisses environnantes.

Les plus riches des maîtres de barque possèdent un bateau, voire plusieurs, et ils ont parfois des parts dans d'autres bateaux. La plupart sont instruits, savent lire et écrire, ce qui n'est pas fréquent à l'époque, et parlent le français en plus du breton.

Des liens étroits unissaient marins et capitaines, qui étaient originaires des mêmes villages et avaient souvent des liens familiaux. Et les mariages sont arrangés entre ces mêmes familles.

Maisons des maîtres de barques

Les maîtres de barques, enrichis par leur commerce florissant, faisaient partie des notables, au même titre que les riches agriculteurs4. Ils ont construit des maisons remarquables, les maisons des maîtres de barques, ou maisons de capitaines marchands, dont certaines subsistent encore.

Localisation

Les maisons des maîtres de barques sont situées sur la côte du pays de Léon, principalement à Porspoder, Lanildut et Landunvez, mais aussi dans la baie de Douarnenez, notamment dans les six paroisses du Cap Sizun. Ce sont des ouvrages d'architecture remarquable datant des XVIIe et XVIIIe siècles

 

Le XXe siècle

 

un rixe entre pêcheurs de Landunvez et de Tréglonou en 1911

La Belle Époque


En 1902 Gustave Geffroy décrit Argenton : « Le petit port, défendu par de formidables rochers, est bien arrondi, entouré de maisons ».

 

 

Pilleurs d'épaves condamnés en 1910 (journal L'Univers)

Le journal Le XIXe siècle évoque en janvier 1903 « la grande misère des pêcheurs d'Argenton, de Porspoder et de L’aber » et l'envoi d'une délégation à Paris pour demander des secours.
Les biens qui appartenaient à la fabrique de la paroisse de Landunvez, qui étaient placés sous séquestre depuis la querelle des inventaires, furent vendus par l'État en octobre 1911.
En décembre 1911, le guetteur du sémaphore de Landunvez signale le naufrage du vapeur belge Flandre, qui allait de Newcastle à Bayonne, à trois milles au large. Un autre vapeur qui se trouvait à proximité, ainsi que le bateau de sauvetage d'Argenton, portèrent assistance au bateau.